Tropes et figures de rhétorique
Les
tropes et les figures de rhétorique ne sont pas des objets
désuets,
ou inutiles. Au contraire, ces procédés de la signification
sont au coeur de l’expérience quotidienne du langage, dans
ses diverses réalisations. De même que le bourgeois
de Molière est un prosateur qui s’ignore, de même nous
produisons des énoncés,
recevons des messages qui sont codés, charpentés selon
des intentions que l’on prévoit et perçoit pour la
plupart, mais dont l’origine nous échappe, incontrôlée.
La grammaire met à jour la mécanique morphosyntaxique
de la langue, l’astronomie dresse une carte de la nuit et des étoiles,
la rhétorique elle, nomme ces intentions qui gouvernent
le sens.
Car nommer est un plaisir,
celui de donner un nom aux choses, afin qu’elles ex-sistent,
sortent, identifiées, du continuum. Un arbre ne sera qu’un arbre
tant qu’il ne sera pas devenu un cèdre, un olivier, un frêne,
un tilleul. Nommer, c’est faire un pas vers l’objet et le reconnaître,
non se l’approprier ou le soumettre.
Le recueil que nous proposons
ici n’est pas exhaustif, loin s’en faut. Il s’agit d’une liste subjective
qui recense les tropes et figures qui nous apparaissent comme les plus
pertinents en pédagogie des langues, du français en particulier.
Nous voudrions que ces moyens de production du sens puissent trouver
leur place dans des activités d’apprentissage, comme la grammaire,
la phonétique, la lexicologie, la culture l’ont trouvée.
A cet égard, des exemples
d’application, s’appuyant principalement sur des études
de documents publicitaires, pourront être consultés.
Deux moyens d’accès
aux définitions sont possibles : par ordre
alphabétique ou selon la fonction sous laquelle chaque figure est répertoriée. Pour chaque
entrée, on trouvera une définition ou plusieurs, selon
qu’elles nous apparaissaient complémentaires ou contradictoires.
Des exemples sont fournis, en langue courante ou en littérature.
Des termes analogues, synonymes ou antonymes sont également mentionnés.
Enfin, lorsqu’il est utile, on a indiqué la famille à
laquelle se rapporte la figure étudiée.
Cette compilation s’est
appuyée sur de nombreuses sources, dictionnaires et ouvrages;
une bibliographie sélective,
ainsi qu’une liste de sites
internet est indiquée pour référence. Nous
avons toutefois une dette particulière envers Bernard Dupriez,
auteur de l’extraordinaire Gradus, que nous citons abondamment
dans ce travail et auquel nous avons emprunté maints exemples
illustrant les définitions.
DCM